Paris Web 2012 : la remise en question

Quels que soient les sujets, quels que soient les orateurs, on pourra dire que me rendre à Paris Web chaque année aura contribué à influencer ma vie.

Le trajet retour dans un train surpeuplé est propice à l’écriture et à la concentration.

Ma conférence

Je parle de moi en preum's, comme ça si la suite vous ennuie, je me serais au moins fait mousser ;-)

7ème édition de Paris Web. 5ème fois que je m’y rends. 5ème fois que j’y suis orateur.

J’alterne entre technique et pratique. Cette année j’ai décidé de me focaliser sur le Readme Driven Development.

L’enjeu était de présenter en 15 minutes l’intérêt de rédiger moins, de rédiger plus simplement ce que doivent faire nos applications tout en développant davantage la culture de la parole pour combler la « différence ».

Cette pratique est clairement née sous l’influence de Pablo Pernot ; tout en ayant été expérimentée pendant près d’une année avec 3 personnes brillantes (David, Guillaume et Nicolas).

Les retours sur Twitter ont été plutôt enthousiastes. Certains ont clairement signifié leur intention de mettre en pratique le README dès leur retour au quotidien. Certains l'ont déjà fait. C’est pour moi une réelle satisfaction.

Si vous avez des choses à redire, ce sera avec plaisir. Je me suis en effet trouvé brouillon et pas aussi clair que je ne l’aurais souhaité. La pression du chronomètre et de l’esprit embrumé par les imprévus ; ça n’est pas une excuse.

Les conférences

Passer en revue chaque conférence ne serait pas intéressant. Partage de mes apprentissages :

  1. WebGL c’est super facile avec Three.js Je n’ai plus le sentiment d’avoir un mur me séparant de la 3D grâce à cette librairie à l’API clairement compréhensible. L’écosystème technique du Web tient là une belle brique applicative, déjà utilisable en production sur une majorité de navigateurs.
  2. Le développeur Web est le nouvel imprimeur EPub c’est vraiment super simple quand on sait écrire du HTML. S’il manque encore l’outillage, j’imagine déjà en NodeJS une réponse pour packager, tester et publier facilement des ouvrages directement depuis des dépôts de code type Github.
  3. Le Responsive Webdesign est sur toutes les lèvres Pourtant, la pratique en elle-même suscite beaucoup de questions, tant sur les outils que sur la méthodologie pour bien appréhender les projets. Il semblerait que le Responsive ait été trop perçu comme la solution unique en réponse au Web mobile.
  4. Le développement mobile hybride est absent des discours PhoneGap et Titanium sont accessibles à tout développeur Web manipulant la pile HTML/CSS/JS. Pourtant, rien à ce sujet.
  5. La télé connectée est déconnectée des esprits AppleTV, Google TV et consors manquent cruellement au programme. Ces nouveaux terminaux (plus si nouveaux que ça) sont pourtant une nouvelle fenêtre de développement à ne pas négliger. Il faudra être prêt à pouvoir développer dessus d’ici à leur démocratisation.
  6. L’accessibilité ne sait toujours pas se vendre Je suis assez circonspect de cette difficulté à vendre cette discipline pourtant transversale et pleine de bienfaits pour les utilisateurs et les donneurs d’ordre. Quel est le bilan de 7 années de Paris Web intégrant le mot « accessibilité » à la baseline ? Je m’interroge.
![](/images/2012/10/Capture-d’écran-2012-10-24-à-23.45.41.png "Extrait de ma conférence sur le RDD")

Ressenti et analyses

Si je repars satisfait de l’évènement, j’ai tout de même des nuances à apporter. Elles sont peut-être biaisées par mon implication dans Sud Web et ne sont en aucun cas un souhait d’imposer la philosophie que j’ai souhaité apporter dans l’évènement sudiste itinérant. Soit.

J’ai été choqué. Choqué par un staff qui mange à part, loin de la vue du public, entre eux. Ce n’est pas du tout « share the love ». Le staff est indispensable pour mélanger la foule, briser l’isolement des participants, connecter les gens entre eux. Se cumule avec le point suivant.

Les informelles sont trop formelles et pas assez propices à l’expression. Juste à cause du temps (logistique toujours). Certains sujets ont à peine été effleurés car le temps manquait, et ça a été systématiquement le cas. La portée des réflexions en est cruellement limitée car au final, peu de choses en ressortent, tout reste abstrait.

Je ressens aussi une certaine frustration à ne plus découvrir les choses comme avant, de ne plus ressentir cet effet wow … difficile de jauger entre ma propre évolution et celle de Paris Web. Peut-être et surement aussi parce que ce n'est plus cet évènement salvateur, celui où on est entouré de gens qui nous comprennent. Parce que j'ai fait évoluer ma vie afin d'être entouré de gens qui me comprennent, au quotidien.

Le « off »

Samedi, finalement pas d’ateliers. Trop de fatigue accumulée et l’envie de profiter du moment en sirotant du thé genmaicha dans une cantine japonaise.

Cela aura été l’occasion d’alterner réflexions personnelles, évènements de la vie et expérience professionnelle. De parler de JavaScript par le biais d’un outil interne de Sud Web. Puis de dévier sur les scripts Google Apps (sujet proposé pour TakeOff Conf) … et de réaliser que JavaScript et HTML5 représentent 99% de mon activité des 12 derniers mois.

C’est le moment de lancer BordeauxJS.

Remise à plat

Paris Web aura été cette chance, celle de discuter avec des gens brillants, de pousser plus loin vers l’inconnu.

Paris Web aura été cette chance, celle de briser définitivement cette humilité étouffant une expérience que je trouve « normale » mais pourtant rare : service informatique, SSII, indépendant, startup, enseignement, backend, frontend, browser, cloud … et du code qui marche, du code testé.

Paris Web aura été cette chance, celle de lever le doute, les doutes et que de ces discussions aussi improbables que savoureuses, de celles-ci naissent de belles choses, renforcent les bourgeons et troncs déjà bien vivants.

L’avenir

L’envie est clairement à du JavaScript full stack.

La nécessité est clairement à la communication ; pour que ces compétences ne restent pas un jardin secret, pour que cette « normalité » ne le soit pas que moi.

Plus que jamais, ce qui se passera demain dépendra fortement des décisions prises aujourd’hui et hier. Et ça ne se fera pas tout seul.