☕️ Journal : Dialogues en auto-stop

Je m’essaie à l’auto-stop avec port du masque. Ce dernier pend à mon pouce levé — indicateur visuel que je suis prêt à prendre en compte la sécurité sanitaire de mon hôte de véhicule.


Mon premier compagnon de route insémine vaches et brebis. Il part travailler — les animaux n’attendent pas. Pas de notion de “week-end” pour elles. J’apprend que l’insémination des vaches se fait via des ovules (fécondés ?) congelés.

Cette personne vit dans la région depuis bientôt 20 ans.

Qu’est-ce qui a changé ? Il y a moins de production pour de la “collecte” (élevage et collecte de lait par camion) ; la transformation sur site est en progression (yaourt, fromages, etc.). Ça a pour impact de réduire le nombre d’inséminations, car il y a moins besoin de maximiser le pic de rendement animal. On produit à hauteur de ce qui peut être transformé, au lieu de produire pour être au taquet — et donc “user” le cheptel plus rapidement.


Cette famille revient du Vercors, où parents et enfants s’initient au ski de fond.

La veille, c’était “le cochon”. Iels ont acheté un animal à un petit éleveur, avec 3 autres familles. Iels étaient accompagnés par une personne qui leur a appris à tuer, découper et transformer l’animal.

Ça leur tiendra l’année, jusqu’au prochain hiver.


Mon dernier compagnon de route se retrouve bientôt au chômage : le couvre-feu à 18h empêche ses clients de venir chercher à manger à son food-truck… et il n’a pas envie de se lancer dans la livraison à domicile.