☕️ Journal : Vasectomie

Dans le cabinet d’un médecin généraliste, il me demande :

Vous êtes marié ?

Je lui demande ce que ça veut dire. Il me répond que c’est une manière de demander si j’ai des enfants (ça aurait été la question d’après).

On fait nos trucs, puis je lance “en parlant d’enfants, c’est à vous que je demande un certificat — ou autre papier — pour entamer une démarche de vasectomie ?”.

Le médecin s’étouffe à moitié. C’est bien la première fois qu’on lui demande. Ou enfin, la troisième : les précédents avaient eu plein d’enfants.

Le médecin est gêné. Il invoque l’éthique (les autres avaient eu des enfants, moi non). Difficile de faire un papier sur un coin de table, alors qu’on se parle depuis 5 minutes. Fair enough.

Mais, pourquoi vouloir cette intervention ? C’est l’état du monde qui vous met dans cet état ?

Je lui réponds :

  • parce que j’ai en effet des doutes sur le monde dans 20 ou 30 ans ;
  • parce que j’ai aussi envie de prendre en charge l’aspect contraceptif, que ma compagne puisse s’affranchir de son stérilet ;
  • parce que je sais que le processus est long (4 mois, temps de réflexion, tout ça), alors si j’avais pu cocher la première étape là maintenant, c’était une avancée.

Il insiste sur le “risque” de ne plus avoir d’enfants. Je lui réponds que c’est aussi un “risque” d’en avoir de mon point de vue.

Avant de franchir la porte, il me confie qu’il entend de plus en plus parler de vasectomie, surtout depuis 6 mois.


J’ai en écho le chapitre sur le contrôle du corps des femmes dans le livre “Refuser d’être un homme” de John Stoltenberg.

Y’a une peur latente sur le sexe, l’organe, et son altération — changement de genre, contraception. J’ai l’impression que ça — et un doigt dans le cul — c’est ce qui terrorise le plus les hommes hétérosexuels cisgenres.