☕️ Journal : Décharge émotionnelle sauvage

Mes pratiques de la co-écoute en avril puis en juillet ont rendu évidentes la notion de décharge émotionnelle sauvage, et par extension, celle de conversation stimulante.

La co-écoute encourage à vider son sac, à extraire de soi la charge émotionnelle qui ne sort pas et vient polluer le corps ainsi que le mental.

Cette pratique crée un cadre où des personnes sont consentantes à s’écouter sur une durée limitée, réciproque, et sans chercher à résoudre les problèmes de l’autre.

Par contraste, j’ai compris qu’en vidant mon sac auprès de quelqu’un‧e — sans crier gare (🚂), ni lui demander si c’était OK — et bien, c’était de la décharge émotionnelle sauvage. La personne se reçoit dans les oreilles toutes les ordures dont je ne sais quoi faire, les rejets d’égouts acides dont je n’ai trop su quoi faire.


Ça m’a aidé à mettre en lumière le contours de conversations stimulantes. Des conversations polarisantes, à débat, et qui ont tendance à générer des émotions (à prendre en charge soi-même, surtout si on ne partage pas les mêmes opinions). Ces conversations font généralement peu avancer la pensée, et ont tendance à appeler à “plus” — plus d’exemples, prendre plus de place dans la parole pour exister, etc.

Aujourd’hui, je dirais que c’est le modèle économique de Twitter. De créer de la controverse permanente, d’inviter à de la décharge émotionnelle sauvage. Et que c’est le cas pour toute plate-forme qui privilégie la parole/l’écriture à l’écoute/la lecture.


Ce que ça m’a appris, c’est que lorsque je m’en rends compte, je viens demander auprès de l’écoutant‧e si c’était pas trop, trop long, trop intense. On échange, et j’affine ma détection de cette limite du “trop”.

J’ai également appris à partager certaines situations davantage sous forme de ressentis, de ce que je traverse, en prenant en compte le temps de parole que j’y dédie et l’écoute que j’accorde à l’écoutant‧e. C’est plus bref, moins intense — pour l’autre et pour moi-même.