Une année s’est déjà écoulée depuis Paris Web 2010. À mon retour de cette précédente édition, je l’avais même qualifiée d’âge de raison. Petit à petit, année après année, les conférences Paris Web en sont arrivées à 2 sessions simultanées, 500 inscrits, 60 orateurs, de la traduction en langue des signes française et même de la vélotypie pour une retranscription écrite en direct.

Pour ma part, c’est la quatrième année consécutive où je m’y rends … et où on accepte de me voir déblatérer des sujets de plus en plus bizarre. Qu’y ai-je vu cette année ?

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Gloire au petit amphitéâtre

Les double sessions sont apparues à l’origine avec une orientation décideur/technique. Aujourd’hui j’y vois davantage une découpe atypique/grand public puisque dans la pratique, la distinction se fait sur la contenance de l’amphithéâtre.

Dans ce petit amphi, on a décortiqué la base de notre travail : l’impact du webdesign dans les neurosciences et vu comment fonctionnait un navigateur, d’une requête HTTP au rendu de l’interface.
Subtilement, en deux heures, on a pu se rendre compte qu’un changement de code hexadécimal dans un fichier CSS transitait au travers de plusieurs milliers de ligne de code au sein de votre navigateur Web … mais surtout, traversait 7 zones différentes du cerveau pour provoquer une … sensation.

Sensation. Mot qui navigue lui aussi au travers de l’accessibilité, de l’ergonomie ou plus généralement, d’UX (expérience utilisateur).

De la technique au management

Le public a eu du mal à retenir un rire sarcastique, moi compris, lorsqu’Arthur Rigaud de Voyages-SNCF.com a débuté sa présentation sur l’accessibilité. Malin, il a préféré utiliser grand compte pour éviter la désertion de la salle ?

Toujours est-il qu’on a vite oublié les sarcasmes devant l’ampleur de la mission : 70 sites Internet, 450 sites Intranet et 1 mission commune, les rendre accessible. Tous ne le seront pas à la date buttoir mais l’explication dans leur démarche mérite attention.

En effet, classiquement, un expert accessibilité a été missionné pour aider les différentes équipes à rendre leurs sites accessibles. Grand bien leur en a pris, car ça s’est soldé par un échec. L’ampleur et la dureté de sa mission a certainement contribué à l’intégrisme de son application, excluant cette personne de tous les projets.

Une approche tranversale a ensuite été adoptée : communication dans les lieux communs (machine à café, affichages de communication interne), formations au personnel et surtout, une responsabilisation de différents postes, du développeur au chef de projet en passant par les graphistes.

De la brutalité isolée à la douce transversalité.

Du public au grand public

On ne parle pas de backend à Paris Web par contre on y parle Open Data !

David “Nippon” Larlet et Olivier Thereau ont présenté à la fois un panorama d’Open Data au travers des cultures, et comment la BBC s’y prenait pour utiliser Open Data avec leurs contenus et ceux issus de communautés spécialisées.

Open Data est le gros buzzword pour lequel le retour sur visibilité reste faible, en partie à cause du manque d’accompagnement, des coûts de développement et de maintenance (ben quoi, c’est de l’informatique et du temps de cerveau piqué à TF1) … et pourra-t’on constater, du manque d’outillage.

Y’a du maille pour mailler les données, car le Web sémantique c’est bien beau, mais lier des fichiers PDF entre eux, c’est priver un diabétique de son insuline en le gavant de chamallow (OK ? © Pablo).

L’atelier des bonnes idées

Samedi fût un peu plus difficile : réveil tardif suite à la retombée de pression de la veille et d’un épuisement lié au manque de sommeil. Bref, j’ai préféré rogner sur le premier atelier pour réserver mon attention au reste de la journée.

Après un énième café, la journée débute sur un sujet de typographie adressée aux développeurs. Le sujet couvrait les aspects de ce qu’on devait connaître mais après les 2 excellentes conférences de l’an dernier (macrotypographie de la page Web et typographie comme outil de design), dur dur. On repartait en tous cas avec l’idée essentielle : d’abord le contenu, ensuite le design. Couplé avec Mobile First et l’accessibilité, le lien n’en est que plus évident.

Songeant de plus en plus régulièrement à publier ce blog sous forme de contenu versionné avec git (geek), je pensais naïvement que ce serait le sujet de l’atelier Création et partage d’archives Web personnelles. La bonne surprise c’est qu’il y fût surtout question de créer des archives distribuées pour éviter les liens morts sur nos propres blogs : chaque lien externe est indexé en local pour s’y substituer en cas de disparition de la page cible respective. Ce sera à suivre sur le projet Owark.

Et le meilleur pour la fin : deux jeux sur l’itération et la communication de Pablo Pernot. J’avais déjà entendu parler du Marshmallow Challenge et ce fût l’occasion de l’expérimenter. Tout le monde (ou presque) a eu le réflexe de construire la tour la plus haute possible … et de se planter au dernier moment. Comme dans nos projets informatiques en fin de compte. Livraisons itératives vs. grosse livraison finale (qui fait mal).

Puis de tester la communication écrite (nos belles specs et cahiers des charges) vs. la communication orale. Cette dernière a donné de meilleurs résultats, en permettant d’ajuster en fonction du feedback. Ça m’a donné à réfléchir sur la capitalisation technique : travailler à 2 en même temps, pour qu’un formalise par écrit semble plus efficace qu’une seule personne, réfléchissant et écrivant. Et de constater une fois de plus la difficulté à imposer un processus formalisé à des personnes ne se sentant pas en mesure de le faire.

Des outils aux ressentis

C’est avec surprise que je suis reparti sans le boost d’énergie habituel, et sans le spleen post-évènement. Et de me rendre compte que finalement, j’ai passé tout mon temps à m’imprégner des expériences humaines exposées sur scène, ainsi que des conversations pendant les repas, apéritifs et autres diners plus ou moins informels.

J’y vois trois raisons :

  1. l’expérience Sud Web a déjà regonflé le ballon il y a 6 mois ;
  2. en travaillant en indépendant, je ne subis plus cette pression du boulot mal fait ou de l’incompréhension auxquelles Paris Web apporte une grande bouffée d’air frais ;
  3. je n’espérais pas révolutionner ma vision des outils pour améliorer radicalement mon quotidien.
    À vrai dire, ça doit bien être la première année où je me suis fichu éperdument des outils pour me focaliser totalement sur le comment et le pourquoi. Pourquoi ça foire ? Comment des hommes et femmes font réussir un projet ?

Et ma conférence ?

J’y reviens dans un prochain article pour apporter à la fois une explication à mes slides et aussi des éléments complémentaires.

D’ici là, tous mes remerciements à l’organisation impeccable de l’évènement (notamment sur l’arrivée des orateurs), à l’excellente soirée communautaire au Comptoir Général et aux personnes avec qui j’ai pu échanger, que ça soit sur ma coupe de cheveux ou sur nos vies respectives.